🇮🇷 Une nouvelle semaine sans internet (et sous le bombes)

Courts-circuits | 2-8 mars 2026

🇮🇷 Une nouvelle semaine sans internet (et sous le bombes)
Crédit : Avash Media / CC BY 4.0

Les derniers blocages en date

Iran 🇮🇷 La nouvelle coupure internet en Iran, qui a débuté après qu’Israël et les États‑Unis ont commencé à bombarder le pays, a maintenant duré une semaine entière, rapporte Netblocks ce 7 mars.

Rapidement, les experts de l’observation du trafic internet ont conclu que, si une petite partie de cette nouvelle coupure pourrait être due à des dégâts causés par des frappes américaines ou israéliennes, ce blocage semble surtout être le résultat d’une décision intentionnelle du régime iranien - comme en janvier dernier.

D’ailleurs, comme le rapportait France 24 le 5 mars, les Iraniens ayant réussi à se connecter en utilisant des VPN ont reçu un avertissement sur leurs téléphones. “Si vous vous connectez à plusieurs reprises à l’internet international dans les prochains jours, votre ligne sera bloquée et les mesures nécessaires seront prises pour transmettre votre dossier aux autorités judiciaires ”, indiquait le message.

Malheureusement, cette coupure internet pourrait bien aggraver la situation humanitaire de ce pays en proie aux bombardements. Par exemple, alors que l’armée israélienne a publé sur ses réseaux sociaux des “avertissements” d'évacuation concernant des zones civiles en Iran qu’elle se préparait à bombarder, des chercheurs du Project Ainita et de la Outline Foundation ont indiqué qu’il était peu probable que ces alertes atteignent les civils concernés, et que, même lorsqu’elles y parviennent, elles n'arrivent probablement pas à temps pour permettre aux gens d’évacuer, étant donné que de nombreuses bases iraniennes se trouvent dans des zones urbaines.

Par ailleurs, couper l’accès à internet en période de crise “restreint l’accès à des informations vitales, comme la manière d’accéder en toute sécurité aux soins médicaux”, a déclaré Tomiwa Ilori, chercheur en technologies et droits humains à l’ONG Human Rights Watch. “Les coupures internet peuvent également provoquer de graves dommages psychologiques chez les populations pendant un conflit, car elles ne peuvent pas contacter leurs proches”, a aussi regretté Ilori dans une tribune de son ONG.

“Chaque matin, nous nous réveillons au son des explosions. De nombreux endroits ont été détruits et je sais que des civils ont également été tués. Pourtant, la République islamique ne nous donne aucune information fiable, et les agences de presse nationales ne sont que des relais de propagande pour le régime. Nous ne savons vraiment pas ce qui se passe réellement ni ce qui nous attend.” Ces mots sont ceux d’un dissident iranien qui a contacté l’ONG Index on Censorship depuis l’intérieur du pays.

De l’autre cĂ´tĂ© des frontières iraniennes et Ă  travers le monde, la coupure internet a aussi un impact sur la diaspora. Comme ce tĂ©moignage de Bahareh Sahebi, une Iranienne basĂ©e Ă  Chicago, sur le site de Rest of World, le montre : “La première chose que je regarde chaque matin, ce ne sont pas les titres des journaux mais les deux coches sous le message que j’ai envoyĂ© quelques heures plus tĂ´t Ă  ma famille Ă  TĂ©hĂ©ran, raconte-t-elle. Si elles sont grises, quelque chose en moi se crispe. Mon corps se prĂ©pare Ă  un scĂ©nario que mon esprit ne peut encore concevoir. Peut‑être que ce n’est rien. Peut‑être que l’internet est lent pour eux. Peut-ĂŞtre qu’ils dorment. Peut-ĂŞtre que c’est autre chose. Si elles sont bleues, mes Ă©paules se relâchent. Mes proches ont survĂ©cu une nuit de plus…”

L’actu de la censure numérique en bref

✅ Vous vous souvenez d’Amnezia, le fork open-source du protocole VPN WireGuard, conçu pour contourner la censure ? La semaine dernière, je rapportais que Windscribe avait intégré le protocole dans son service de VPN. Désormais, c’est le géant Meta lui-même qui recommande le VPN du projet Amnezia. Dans une nouvelle mise à jour de sa foire aux questions, WhatsApp mentionne Amnezia et Mullvad parmi les solutions les plus réputées pour se connecter à l’application de messagerie via VPN. TechRadar, 2 mars 2026

🇮🇳📴 En Inde, les blocages intempestifs et mystérieux de sites internet sont de plus en plus communs, souvent sans que personne ne connaisse la raison derrière la mesure de restriction ni celle derrière la restitution du service. Le dernier en date : Supabase, une plateforme permettant aux développeurs de créer des applications grâce à des services clés-en-main, était inaccessible fin février pour les usagers des opérateurs Reliance Jio, Bharti Airtel et Atria Convergence Technologies (ACT) Fibernet dans le pays. Un phénomène si prégnant que Karan Saini, un chercheur en cybersécurité, vient de publier un rapport sur les blocages de systèmes de noms de domaines (DNS) par les opérateurs télécoms en Inde. Résultat : Saini a trouvé six fois plus de blocages DNS dans le pays en 2026 qu’en 2023. Poisoned Wells. Examining the scale of DNS censorship in India, mars 2026

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