đŸ‡”đŸ‡° Deux semaines de coupure internet au Pakistan

Courts-circuits | 27 mai-22 juin 2026

đŸ‡”đŸ‡° Deux semaines de coupure internet au Pakistan
Photo by Talha Hadi / Unsplash

Les derniers blocages en date

Message de service: Cette newsletter a pris une pause d'un mois. Elle revient en force, en français et en anglais (à partir de la semaine prochaine).

Iran đŸ‡źđŸ‡· Bonne nouvelle : la coupure internet en Iran est (partiellement) finie. Pour autant, ce n'est pas un "retour Ă  la normale" dans le pays, loin s'en faut.

AprÚs 88 jours d'isolement numérique, l'une des plus longues coupures internet de l'histoire récente, les autorités iraniennes ont finalement rétabli une connectivité partielle à la fin du mois de mai 2026, comme le rapportent plusieurs médias internationaux dont le New York Times et Wired

"24 heures aprÚs le retour de l'internet en Iran, le trafic a atteint un pic à 41% de son niveau d'avant le 8 janvier, ce qui est inférieur à la période de restauration partielle du 27 janvier au 28 février", indique Doug Madory, responsable de l'analyse internet chez Kentik, sur Bluesky.

Cependant, cette restauration reste trÚs limitée : selon TechRadar, seuls certains services basiques fonctionnent, tandis que les réseaux sociaux comme Telegram et les outils de contournement (exemple : les VPN) restent largement bloqués, comme le souligne Radio Free Europe/Radio Liberty. Le quotidien britannique The Guardian confirme que la connectivité est "partielle et instable", avec des restrictions toujours en place sur les plateformes étrangÚres.

Les raisons de cette coupure prolongĂ©e restent floues, mais plusieurs observateurs pointent du doigt une stratĂ©gie de contrĂŽle accru en collaboration avec des acteurs Ă©trangers. The Times Ă©voque notamment l'installation de matĂ©riel chinois permettant une surveillance accrue, tandis que TechTimes souligne que le trafic internet iranien a chutĂ© de 40 % pendant la blackout, un chiffre qui reflĂšte Ă  la fois l'ampleur de la censure et l'adaptation des utilisateurs Ă  des solutions alternatives. 

Comme le note CNN, les Iraniens ont réagi avec un mélange de scepticisme et de défiance, certains craignant que cette "ouverture" ne soit qu'une tactique pour mieux identifier les opposants en ligne.

Enfin, cette crise s'inscrit dans un contexte gĂ©opolitique tendu, oĂč l'Iran cherche Ă  renĂ©gocier sa place sur la scĂšne internationale, comme l'analyse l'ex-diplomate Charles Dunne dans les colonnes de Radio Free Europe/Radio Liberty

Si la fin de la coupure marque un soulagement pour les citoyens, elle ne signifie pas la fin des restrictions : selon Deutsche Welle, les anciennes mesures de filtrage (comme le blocage des VPN) sont toujours actives, et les autoritĂ©s maintiennent une surveillance Ă©troite du trafic. Comme le rĂ©sume The Atlantic, l'Iran semble dĂ©sormais privilĂ©gier une approche plus subtile, mĂȘlant rĂ©pression technologique et nĂ©gociations, plutĂŽt qu'une censure totale.Une chose est sĂ»re : pour les Iraniens, le retour en ligne ne rime pas encore avec libertĂ©.

Aller plus loin : DĂ©couvrez (ou redĂ©couvrez) les trois volets de ma sĂ©rie, "Iran, analyse d’une coupure internet sans prĂ©cĂ©dent":

  1. Comment l’Iran a coupĂ© internet pour prĂšs de 90 millions de personnes
  2. Comment le blackout internet en Iran redessine le rÎle du secteur privé
  3. Internet Pro : prĂ©mices d’un "apartheid numĂ©rique" en Iran ?

Inde 🇼🇳 Le 16 juin, le gouvernement indien a suspendu l’accĂšs Ă  Telegram dans le pays jusqu’au 22 juin. Cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise aprĂšs que les rĂ©sultats de l’examen national d’entrĂ©e dans les facultĂ©s de mĂ©decine (appelĂ© NEET-UG) ont Ă©tĂ© annulĂ©s le mois dernier, dans un contexte d’allĂ©gations selon lesquelles le sujet d’examen aurait Ă©tĂ© divulguĂ© sur la plateforme.

Le pays est le premier marchĂ© de Telegram, qui compte plus de 150 millions d’utilisateurs indiens. L’entreprise a fait appel auprĂšs de la Haute Cour de Delhi, mais celui-ci a Ă©tĂ© refusĂ©. Le gouvernement est "habilitĂ© [...] Ă  donner des directives pour bloquer l’accĂšs public Ă  Telegram", a dĂ©clarĂ© dans son arrĂȘt le juge Tejas Karia. 

L’épreuve de rattrapage Ă©tait prĂ©vue pour le 21 juin et a dĂ» se dĂ©rouler sans accĂšs Ă  internet pour les Ă©tudiants.


Rajasthan 🇼🇳 L’internet mobile a Ă©tĂ© suspendu dans certaines zones ciblĂ©es de Jaipur, capitale du Rajasthan, aux alentours du 8 juin, notamment dans le secteur de Jagatpura. 

La raison invoquĂ©e : prĂ©server l’ordre public pendant une vaste opĂ©ration de dĂ©sempiĂ©tement et d’élargissement des routes menĂ©e par l’AutoritĂ© de dĂ©veloppement de Jaipur.


Azad Jammu-et-Cachemire đŸ‡”đŸ‡° Netblocks a confirmĂ©, le 5 juin, une perturbation majeure de la connectivitĂ© internet dans la rĂ©gion administrĂ©e par le Pakistan, aussi connue sous le nom d’Azad-Cachemire. 

Cette coupure, qui a duré plusieurs jours, est intervenue avant des manifestations alors que les autorités utilisent des pouvoirs antiterroristes pour interdire le Joint Awami Action Committee (JKJAAC), un groupe local de la société civile.

L’ONG Amnesty International s’est offusquĂ©e de la caractĂ©risation de “terroriste” du mouvement JKJAAC et a dĂ©noncĂ© la rĂ©pression du gouvernement et les restrictions d’accĂšs Ă  internet.

Presque deux semaines de coupures internet dans l'Azad-Cachemire pakistanais, rapporte IDOA sur Bluesky le 18 juin.

Haryana 🇼🇳 DĂ©but juin, l’internet mobile a Ă©tĂ© suspendu Ă  Faridabad, ville la plus peuplĂ©e de l’Etat de l’Haryana, dans le nord de l’Inde. D’aprĂšs le gouvernement de l’Etat, cet ordre a Ă©tĂ© donnĂ© afin qu'aucune fausse rumeur ne se propage pendant l'action de dĂ©molition prĂ©vue dans la journĂ©e du 30 mai. Une mosquĂ©e, un temple Shiva et d'autres structures illĂ©gales situĂ©es Ă  Masjid Chowk Ă  Faridabad ont Ă©tĂ© dĂ©molies par des bulldozers. Ces constructions illĂ©gales obstruaient en effet la rĂ©alisation du couloir prĂ©vue pour la construction d’une ligne ferroviaire Regional Rapid Transit System (RRTS), ce qui a justifiĂ© leur dĂ©molition.


Russie đŸ‡·đŸ‡ș D'aprĂšs le Centre ukrainien de lutte contre la dĂ©sinformation, la ville de Saint-PĂ©tersbourg a connu une nouvelle vague de coupures de l’internet mobile dĂ©but juin, en marge de la venue du prĂ©sident Vladimir Poutine.

Fait intĂ©ressant : Cybernews a rapportĂ© que le prĂ©sident a ordonnĂ© au gouvernement et au FSB, le service de renseignement intĂ©rieur russe, de "veiller au fonctionnement ininterrompu des services les plus importants" pendant les pĂ©riodes de "fonctionnement limitĂ© de l’internet" comme celle-ci.

Par ailleurs, OONI a remarqué fin mai que l'accÚs à de nombreux sites de jeux vidéo - comme Steam, Xbox, PlayStation, Epic Games et Origin - a semble-t-il été restreint dans le pays

Quelques jours plus tard, alors que le jeu vidĂ©o Roblox Ă©tait lui aussi bloquĂ© depuis un moment, plusieurs mĂ©dias rapportent qu’il a Ă©tĂ© de nouveau autorisĂ© dans le pays, aprĂšs s’ĂȘtre pliĂ© aux demandes de Roskomnadzor, l’autoritĂ© russe des tĂ©lĂ©coms. 

L’appli Max, en revanche, vit ses premiers remous. Cet ersatz de WhatsApp Ă  la sauce Kremlin a Ă©tĂ© retirĂ© de l’App Store d’Apple dĂ©but juin - une dĂ©cision que l’entreprise californienne aurait prise pour se plier Ă  des sanctions, sans qu’elle prĂ©cise lesquelles. 

Plus gĂ©nĂ©ralement, la Russie a rĂ©cemment renforcĂ© son arsenal lĂ©gislatif pour intensifier le contrĂŽle du Kremlin sur le Runet. Selon un article de The Record publiĂ© le 8 juin, Moscou a mis Ă  jour les rĂšgles encadrant le systĂšme SORM (SystĂšme d'activitĂ©s de recherche opĂ©rationnelle), un dispositif de surveillance numĂ©rique qui oblige les opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms et les fournisseurs d'accĂšs Ă  installer des Ă©quipements permettant aux services de sĂ©curitĂ© d'intercepter les communications en temps rĂ©el, sans mandat judiciaire prĂ©alable. 

C'est dans ce contexte que Timofei Dubrovskikh, chercheur au sein de l’ONG RKS Global, rĂ©sume l'ambition des autoritĂ©s : "Les nouvelles rĂšgles visent Ă  garantir que les services de sĂ©curitĂ© puissent accĂ©der Ă  n'importe quelle communication, Ă  tout moment."

Au-delĂ  de SORM, d'autres mesures ciblent directement les entreprises numĂ©riques. L'avocat et militant des droits numĂ©riques Sarkis Darbinyan signale dans un article publiĂ© le 10 juin sur LinkedIn que des amendes peuvent dĂ©sormais ĂȘtre infligĂ©es pour des infractions aussi mineures qu'un bouton de connexion non conforme aux exigences rĂ©glementaires. 

Il attire également l'attention sur le projet de TLS souverain russe, visant à remplacer les certificats de chiffrement occidentaux.

Le protocole TLS (Transport Layer Security) est le mĂ©canisme de chiffrement qui sĂ©curise la grande majoritĂ© des communications sur internet. C'est lui qui se cache derriĂšre le petit cadenas visible dans la barre d'adresse de votre navigateur. ConcrĂštement, TLS chiffre les donnĂ©es Ă©changĂ©es entre un utilisateur et un site web, rendant leur contenu illisible pour quiconque tenterait de les intercepter en chemin. 

Pour fonctionner, ce protocole repose sur des certificats numériques, émis par des autorités de certification (CA) reconnues mondialement, qui garantissent l'identité du site visité et permettent d'établir une connexion sécurisée.

C'est prĂ©cisĂ©ment ce systĂšme d'autoritĂ©s de certification que la Russie cherche Ă  court-circuiter avec son projet de TLS souverain. En crĂ©ant sa propre autoritĂ© de certification nationale, Moscou se donnerait la capacitĂ© d'Ă©mettre des certificats pour n'importe quel site, y compris en se substituant Ă  des services Ă©trangers, et surtout de dĂ©chiffrer et d'inspecter le trafic des internautes russes sans que ceux-ci s'en aperçoivent. 

Pour que ce systÚme fonctionne, les navigateurs et appareils utilisés en Russie devraient faire confiance à cette autorité nationale, ce qui implique une pression croissante sur les fabricants et éditeurs de logiciels opérant sur le marché russe. "C'est une infrastructure parallÚle conçue pour que le Kremlin puisse contrÎler ou filtrer le trafic chiffré à volonté", résume sans ambage Sarkis Darbinyan.

Aller plus loin : Retrouvez l’analyse d’Amreesh Phokeer, contributeur Ă  Internet Society Pulse, sur la situation d’isolement numĂ©rique de la Russie. L’article explique que, malgrĂ© des efforts politiques pour renforcer sa souverainetĂ© numĂ©rique, la Russie ne peut pas rĂ©ellement s’isoler complĂštement d’internet en raison de son infrastructure historiquement ouverte et dĂ©centralisĂ©e. En revanche, la guerre en Ukraine a accentuĂ© une fragmentation progressive du rĂ©seau, liĂ©e Ă  la censure interne, aux sanctions internationales et au dĂ©part de nombreuses entreprises - recensĂ©es notamment par le site Leave Russia.org -, ce qui affaiblit la rĂ©silience du rĂ©seau russe et menace l’interopĂ©rabilitĂ© globale d’Internet. 

Avec plus de 5 000 systĂšmes autonomes (AS), 41 points d’échange Internet (IXP), de multiples passerelles internationales et un marchĂ© des fournisseurs d’accĂšs Ă  Internet (FAI) entiĂšrement dĂ©centralisĂ©, il est presque impossible d’isoler complĂštement l’Internet russe. Source : Internet Society Pulse

Chine 🇹🇳 De nouvelles informations alarmantes nous parviennent de Chine, illustrant un durcissement sans prĂ©cĂ©dent de la censure et de la surveillance Ă©tatique. 

Selon des documents internes divulguĂ©s et analysĂ©s dans un rĂ©cent rapport publiĂ© par ChinaFile le 2 juin, les autoritĂ©s chinoises ont considĂ©rablement intensifiĂ© leur rĂ©pression contre l'utilisation des VPN. 

TechRadar confirme cette tendance, soulignant qu'il devient extrĂȘmement difficile pour les internautes de trouver des VPN stables. Ces documents divulguĂ©s prouvent le "succĂšs" redoutable du gouvernement dans sa capacitĂ© Ă  bloquer les outils de contournement du Grand Firewall, isolant ainsi davantage les citoyens de l'internet mondial et restreignant drastiquement la libertĂ© d'accĂšs Ă  l'information.

Mais les restrictions d'accĂšs ne sont qu'une facette du problĂšme. En parallĂšle, des rapports rĂ©cents sur l’entreprise chinoise Geedge Networks, relayĂ©s par des mĂ©dias comme le Business Standard et Chosun Biz rĂ©vĂšlent que la Chine dĂ©veloppe actuellement un outil d'intelligence artificielle conçu pour prĂ©dire les risques politiques. Ce systĂšme de surveillance prĂ©dictive analyserait d'immenses volumes de donnĂ©es comportementales et numĂ©riques pour identifier, avant mĂȘme qu'ils n'agissent, les individus susceptibles de reprĂ©senter une menace pour le rĂ©gime.

Cette convergence entre le verrouillage absolu de l'accÚs à internet (via la destruction des réseaux VPN) et le développement de technologies de "police prédictive" marque un tournant majeur. Pour les défenseurs des droits numériques, ces rapports démontrent que les coupures d'internet et les restrictions techniques ne servent plus seulement à censurer l'information, mais s'intÚgrent désormais dans un écosystÚme technologique punitif visant à anticiper et étouffer toute forme de dissidence politique.


Syrie đŸ‡žđŸ‡Ÿ Dans un message publiĂ© sur Facebook le 2 juin, le ministĂšre syrien des Communications et des Technologies de l'information a annoncĂ© qu'il n'y aura pas de coupures internet pendant les examens gĂ©nĂ©raux cette annĂ©e, contrairement Ă  ce qu’il s’est passĂ© dans le pays les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.


🌍 Suivez les coupures en direct grñce au tracker de l’Internet Society.

L’actu de la censure numĂ©rique en bref

🏠 Dans le monde du VPN, il y a gĂ©nĂ©ralement ceux qui hĂ©bergent leur propre instance Ă  la maison, et ceux qui font appel Ă  un service commercial. Aujourd’hui, le VPN commercial par excellence, NordVPN, offre Ă  ses clients le meilleur des deux mondes : un serveur VPN privĂ© dĂ©diĂ©, avec en prime une adresse IP statique. En termes simples, cette fonctionnalitĂ© permet d'accĂ©der Ă  son rĂ©seau domestique, ses appareils et ses services personnels depuis n'importe oĂč dans le monde, sans rĂ©vĂ©ler son vĂ©ritable emplacement. Une offre notamment dĂ©diĂ©e aux gamers et aux fĂ©rus de domotique connectĂ©e. TechRadar, 17 juin 2026

✊ Alors que de plus en plus de pays font la guerre aux VPN, aux jeux vidĂ©o et aux rĂ©seaux sociaux en brandissant la protection des mineurs, parfois Ă  raison, mais souvent en promouvant une vision tout aussi inquiĂ©tante de la surveillance gĂ©nĂ©ralisĂ©e, une nouvelle coalition, appelĂ©e Stop Killing the Internet, s’apprĂȘte Ă  ĂȘtre lancĂ©e par plusieurs groupes de la sociĂ©tĂ© civile, en tĂȘte desquels Stop Killing Games et l’Open Rights Group. Cette nouvelle campagne internationale dĂ©fend un internet ouvert contre les politiques et pratiques imposant la surveillance, l’exclusion et un contrĂŽle centralisĂ© excessif au nom de la sĂ©curitĂ© en ligne. La campagne promeut des approches respectueuses des droits pour la protection de l’enfance, la vie privĂ©e, la responsabilitĂ© dĂ©mocratique et la responsabilitĂ© des plateformes. Open Rights Group, 16 juin 2026

đŸ‡čđŸ‡· Comme plusieurs pays, dont de nombreux Etats dĂ©mocratiques, la Turquie pourrait bien resserrer la vis sur les VPN. BTK, l’AutoritĂ© turque des technologies de l’information et de la communication, prĂ©pare une loi qui obligerait les fournisseurs de VPN Ă  s’enregistrer auprĂšs de l’Etat, Ă  obtenir des licences d’exploitation et Ă  crĂ©er des sociĂ©tĂ©s locales entiĂšrement Ă©tablies en Turquie. Les fournisseurs qui ne se conformeraient Ă  cette lĂ©gislation dans un dĂ©lai de six mois aprĂšs sa mise en oeuvre s’exposeraient Ă  des amendes allant de 1 Ă  30 millions de livres turques (18 800 Ă  563 000 euros), ainsi qu’à une rĂ©duction de leur bande passante pouvant atteindre 95%, rendant leurs services inutilisables dans le pays. The Eastern Herald, 14 juin 2026

🌊 Mia Weaver, contributrice d’Internet Society Pulse, appelle la communautĂ© scientifique et les autoritĂ©s politiques Ă  se pencher davantage sur les rĂ©seaux de cĂąbles sous-marins de fibre optique. Elle explique que les outils de surveillance actuels peinent Ă  fournir des indicateurs de performance suffisamment fiables. C’est pourquoi elle vient de publier, avec plusieurs collĂšgues, un article sur une approche innovante, s’appuyant sur des donnĂ©es en source ouverte, pour obtenir des analyses comportementales de ces cĂąbles bien plus prĂ©cises. Leurs travaux ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s durant la confĂ©rence NINeS (New Ideas in Networked Systems). Internet Society Pulse, 11 juin 2026

đŸ‡”đŸ‡ž 7amleh, aussi connu sous le nom d’Arab Center for Social Media Advancement a publiĂ© une nouvelle Ă©tude intitulĂ©e “Le GĂ©nocide numĂ©rique de la Palestine (2021-2025) : Une analyse factuelle de l’application des politiques, de la modĂ©ration et de la communication de Meta”. Ce rapport documente les schĂ©mas de censure et de suppression affectant les contenus palestiniens sur les plateformes de Meta sur une pĂ©riode de cinq ans. RĂ©alisĂ©e en partenariat avec Fabio Cristiano de l’UniversitĂ© d’Utrecht, cette recherche s’appuie sur l’analyse de 3 520 cas signalĂ©s Ă  l’Observatoire palestinien des violations des droits numĂ©riques (7or) entre 2021 et 2025. Les rĂ©sultats rĂ©vĂšlent que la modĂ©ration par Meta du contenu palestinien ne relĂšve pas d’erreurs isolĂ©es, mais reflĂšte des schĂ©mas rĂ©currents dans l’application des politiques, les pratiques de modĂ©ration et la communication avec les utilisateurs concernĂ©s. 7amleh, 9 juin 2026

🌐 Quid de l’avenir du splinternet avec l’avĂšnement de l’IA pour les technologies de surveillance du trafic internet ? Alors que le Guardian alerte de l’inquiĂ©tante fragmentation croissante de l'internet dans une tribune, Kyle Volpi Hiebert, un chercheur canadien, argue sur le site Open Canada que l’IA amplifie ce phĂ©nomĂšne, Ă  la fois via le partage (gĂ©nĂ©ralement transactionnel) de technologies chinoises de surveillance dans de nombreux pays et en transformant - et fragmentant - le paysage de la recherche internet. Il relaie Ă©galement certaines propositions de Konstantinos Komaitis, chercheur principal rĂ©sident au sein de la Democracy + Tech Initiative de l’Atlantic Council, pour soutenir un internet ouvert. Notamment qu’une coalition de pays volontaires s’engage Ă  approfondir l’interopĂ©rabilitĂ© d’internet comme principe de conception par dĂ©faut de leurs systĂšmes numĂ©riques. Open Canada, 12 juin 2026 

Les événements à venir

đŸ—“ïž Forum on Internet Freedom in Africa 2026 (FIFAfrica26), Maurice, 28 septembre-1er octobre
Organisateur : Collaboration on International ICT Policy For East And Southern Africa (CIPESA)
Site | S’inscrire | Contribuer au programme (date limite : 29 mai 2026)

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