🤫 Journée contre la censure internet : ils n'ont pas reçu le mémo
Courts-circuits | 9-14 mars 2026
Les derniers blocages en date
Iran 🇮🇷 Plus de deux semaines de nouvelle coupure internet en Iran, a indiqué Netblocks le 14 mars.
Si l'on pouvait s’en douter, Isik Mater, directeur de recherche chez Netblocks, a confirmé à l’AFP qu’il s’agissait bien d’un blocage imposé par le régime des mollahs et non le résultat de dommages causés par des frappes aériennes américaines et israéliennes.
“Il s'agit d'une coupure délibérée imposée par les autorités pour supprimer la circulation de l'information et empêcher toute dissidence supplémentaire”, a déclaré Raha Bahreini, chercheuse sur l'Iran à Amnesty International.
Doug Madory, directeur de l’analyse internet chez Kentik, explique sur CBC News comment le régime iranien a coupé l'accès à internet à sa population (sous-titres en français disponibles).
Fait intrigant : d'après Cloudflare et l’Internet Outage Detection and Analysis (IODA), laboratoire du Center for Applied Internet Data Analysis (CAIDA) au sein de l’université états-unienne Georgia Tech, le réseau de la Telecommunication Company of Iran (TCI) s’est reconnecté pendant une vingtaine de minutes à l’internet mondial le 12 mars - sans que l’on ne sache pourquoi.
Iran's connectivity to the global Internet briefly recovered on March 12 6:35 PM - 6:55 PM local time when a state-owned network (AS58224) that 32.9% of the population in Iran is connected to appeared to toggle its routing announcements off-on-off-on over a 40-minute period.
— IODA (Internet Outage Detection and Analysis) (@ioda.live) 13 March 2026 at 13:25
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Russie 🇷🇺 Des habitants de Moscou ont rapporté de sévères perturbations de la connexion internet dans la capitale russe, notamment entre le 5 et le 12 mars. Des échos similaires semblent venir de Saint-Pétersbourg, la seconde ville du pays.
Un article du journal britannique The Guardian daté du 12 mars évoque des témoignages de Russes qui ne parvenaient pas à charger des sites web ou des applications, tandis que d’autres avaient totalement perdu leur connexion.
Si l’origine de ces coupures n’a pas été confirmée, de nombreux médias suggèrent que le Kremlin et Roskomnadzor travailleraient sur un nouveau système de liste blanche, qui autoriserait certains services tout en en bloquant d’autres. Les interruptions pourraient être un dommage collatéral de ces expérimentations - ou même en faire partie.
Toujours est-il que le timing est ironique, ne manque pas de remarquer l’ONG Human Rights Watch, puisque le 12 mars était la Journée mondiale contre la censure sur internet.
Ukraine 🇺🇦 C’est arrivé début février mais une enquête exclusive de Politico nous l’apprend aujourd’hui : SpaceX a décidé de couper l’accès de son service internet par satellite Starlink pour les terminaux non vérifiés en Ukraine, provoquant un chaos immédiat au sein des forces russes, qui étaient devenues de plus en plus dépendantes de cette technologie pour maintenir leur occupation dans le pays.
D’après Kentik, la rupture a eu lieu le 4 février, quand le trafic Starlink en Ukraine a chuté de 75%.
L’actu de la censure numérique
🪞 Reporters sans frontières (RSF) fait un point d'étape sur l'opération Collateral Freedom, une initiative lancée en 2015 et qui consiste pour l'ONG à dupliquer les sites d'actualité censurés dans certains pays sur des sites miroirs hébergés sur les serveurs de grands réseaux de diffusion de contenu (CDN) comme Cloudflare afin de permettre aux personnes vivant sous des régimes autoritaires d'accéder à leur contenu directement depuis un navigateur web standard, sans avoir besoin d'installer un VPN.
L'ONG indique héberger aujourd'hui 177 médias et sites web de défense de la liberté de la presse bloqués dans 39 pays, dont plus de la moitié en Chine (53) et en Russie (49).
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